LE PHENOMENE ANGUE MINTSA : Une nouvelle figure de la « résistance » syndicale au gabon?
L’actuelle crise qui paralyse le système éducatif gabonais en ce mois de janvier 2026 est marquée par un bras de fer intense entre le gouvernement et les mouvements syndicaux. Au cœur de cette tension, l’incarcération récente des leaders syndicaux Marcel Libama et Simon Ndong Edzo a cristallisé la colère des enseignants.

Dans ce contexte de vacance forcée du leadership traditionnel, Honorine Angue Mintsa émerge comme une figure centrale de la mobilisation via le mouvement SOS Éducation.
Honorine Angue Mintsa semble aujourd’hui incarner une nouvelle génération de femmes engagées dans la « résistance » pour la survie de l’école publique. Son ascension s’inscrit dans une lignée historique de femmes gabonaises fortes, telles que Christiane Bitougat ou Yolande Bilouka, qui ont marqué la lutte sociale par leur détermination.
Originaire d’Oyem et issue d’une famille déjà illustre dans la contestation (à l’instar de Grégory Ngwa Mintsa), elle apporte au mouvement syndical une image de probité et de consensus

Sous son impulsion, le syndicat SOS Éducation a durci sa position, faisant de la libération immédiate de Libama et Ndong Edzo un préalable non négociable à toute reprise des cours ou ouverture de négociations avec le ministère dirigé par Camélia Ntoutoume Leclercq.
La crise actuelle dépasse les simples revendications salariales. Les enseignants dénoncent :
Le déficit chronique d’infrastructures et de matériels pédagogiques.
Une « judiciarisation » du dialogue social, illustrée par l’incarcération des leaders syndicaux pour « entrave au travail ».
En se positionnant comme la garante de la continuité du combat, Honorine Angue Mintsa ne se contente pas de gérer une crise ; elle semble vouloir redéfinir la place de la femme dans le militantisme de terrain au Gabon, alliant la fermeté des revendications à une quête de dignité pour l’ensemble du corps enseignant. Sa capacité à maintenir l’unité syndicale face à la répression sera le test ultime de cette « nouvelle figure de la résistance » en 2026.
Le mouvement qu’elle co-dirige fait face à une forte pression du gouvernement de transition, qui brandit des menaces d’inspections et de suspensions de salaires pour forcer la reprise des cours prévue initialement le 5 janvier 2026.
En résumé, si SOS Éducation se veut initialement sans leader permanent pour éviter la corruption, Honorine Angue Mintsa est devenue, par sa fermeté et sa présence sur le terrain, l’égérie de la résistance des enseignants face au ministère de l’Éducation nationale.