Procès du Clan Bongo-Valentin : Le Vertige des Milliards et le Réveil Douloureux d’un Peuple Spolié après 56 Ans de Règne

0 3 464

Il est des procès qui instruisent le droit, et d’autres qui instruisent l’histoire. Celui de la « Young Team » et du clan Bongo-Valentin appartient définitivement à la seconde catégorie. Mais au-delà de la satisfaction de voir la justice à l’œuvre, un sentiment de malaise physique s’empare des Gabonais. En écoutant les accusés jongler avec les milliards comme s’il s’agissait de petite monnaie, de nombreux citoyens avouent avoir ressenti des maux de tête, des nausées, voire une véritable maladie psychosomatique. Ce n’est pas de la jalousie, c’est le choc traumatique de la réalisation : l’argent du Gabon n’a jamais disparu, il a été séquestré.

L’Arithmétique du Désastre : 56 Ans de Gâchis
Pour comprendre la colère sourde qui gronde derrière ce procès, il faut oser un regard rétrospectif froid et mathématique. Omar Bongo Ondimba a dirigé le Gabon pendant 42 ans. Son fils, Ali Bongo Ondimba, a tenu les rênes pendant 14 ans. Le calcul est implacable : 42 + 14 = 56 ans.

Un demi-siècle de règne sans partage du Parti Démocratique Gabonais (PDG) et d’une même famille. La question qui brûle les lèvres de chaque Gabonais est simple mais dévastatrice : Qu’ont-ils fait de tout ce temps et de tout cet argent ?

Le Gabon n’est pas la Chine ni l’Inde. C’est un pays béni des dieux avec une démographie minuscule. Dans les années 80, nous étions moins d’un million. Aujourd’hui, à peine plus de deux millions. Avec les richesses colossales du sous-sol (pétrole, manganèse, or, bois), si ces dirigeants avaient eu ne serait-ce qu’une once d’amour pour leur peuple, la pauvreté devrait être un concept étranger au Gabon.

Le Contrat Social Brisé : Ce que le Gabon Aurait Dû Être
Si la richesse nationale avait été gérée pour le peuple et non pour un clan, le paysage social du Gabon serait radicalement différent aujourd’hui. Les analystes s’accordent à dire qu’avec une telle rentabilité par habitant :

Le SMIC ne devrait pas être un sujet de survie, mais de dignité, situé logiquement entre 200 000 et 300 000 FCFA.
L’Eau et l’Électricité (SEEG) auraient dû être gratuites ou symboliques. Comment expliquer qu’un pays aux mille cours d’eau et riche en énergie laisse ses enfants étudier à la bougie et ses ménages manquer d’eau potable ?

La Santé et l’Éducation : Une gratuité totale était possible. Aucun Gabonais ne devrait avoir à choisir entre manger et acheter une ordonnance. L’État aurait dû tout prendre en charge : des frais d’hospitalisation aux fournitures scolaires.
Au lieu de cela, le système a créé une anomalie monstrueuse : un pays riche peuplé de pauvres. On a fait croire au peuple, année après année, que « les caisses étaient vides », qu’il fallait se serrer la ceinture. Le procès révèle que c’était un mensonge d’État. L’argent était là, stocké dans des cantines, détourné dans des paradis fiscaux, ou utilisé pour des caprices luxueux, pendant que les hôpitaux manquaient de coton et d’alcool.

Les Interrogations Légitimes du Peuple Face à l’étalage indécent de ces fortunes mal acquises, le peuple gabonais est en droit de poser des questions qui dérangent et d’exiger des réponses :

  1. Comment une minorité a-t-elle pu accumuler autant de liquidités à domicile alors que les banques manquent parfois de fonds pour payer les fonctionnaires ?
  2. Combien de vies auraient pu être sauvées dans nos hôpitaux délabrés avec le millième des sommes détournées par la Young Team ?
  3. Où étaient les organes de contrôle ? Comment des décaissements de plusieurs milliards peuvent-ils passer inaperçus sans la complicité active de toute la chaîne administrative ?
  4. Pourquoi a-t-on laissé le chômage endémique détruire la jeunesse alors qu’il y avait de quoi financer des milliers de projets entrepreneuriaux ?
HeaderOlamBanner

L’Exigence de la Nouvelle République : Transparence et Réparation
Nous entrons, espérons-le, dans l’ère de la 5e République.

Mais pour que celle-ci ne soit pas une simple transition cosmétique, elle doit acter une rupture totale. Le peuple ne se contentera pas de condamnations de prison. Il veut voir la couleur de son argent.
La gestion des biens saisis (comptes bancaires, immeubles, véhicules de luxe, avoirs divers) est le test ultime de la crédibilité du futur gouvernement.

Voici les propositions concrètes que le peuple attend pour la gestion du butin recouvré :
Un « Tableau de Bord » Public : Le gouvernement doit publier l’inventaire exact des biens saisis et leur valorisation financière. Le peuple doit savoir : « Nous avons récupéré X milliards ».

Le Fléchage des Fonds : Ces milliards ne doivent pas retourner dans le budget général pour être dilués dans le fonctionnement de l’État. Ils doivent financer des Fonds Spéciaux de Développement :


Fonds pour la Modernisation Sanitaire : Construction d’hôpitaux ultra-modernes (type CHU de pointe) dans chaque province, entièrement équipés, où aucun Gabonais ne paie.

Fonds de Soutien au Savoir et à la Culture : Encourager les écrivains, les penseurs, ceux qui produisent des livres éducatifs et de la connaissance. Un peuple qui lit est un peuple qui ne se laisse plus manipuler. L’école doit être sanctuarisée et gratuite.
Fonds d’Investissement pour l’Entrepreneuriat : Financer les porteurs de projets sérieux. Il y a du génie au Gabon, mais il manque de capital. L’argent volé doit servir à créer des champions nationaux.

Un Avertissement aux Nouveaux Dirigeants
En effet, ce procès ne doit pas seulement servir à juger le passé, mais à avertir le présent.

Aux nouveaux dirigeants de la 5e République : Regardez bien le box des accusés. Voyez comment la gloire est éphémère et comment la chute est brutale. Ne commettez pas l’erreur fatale de croire que le pouvoir est un butin de guerre.

Ne laissez pas l’ivresse du pouvoir vous monter à la tête. Ne reproduisez pas l’arrogance de ceux qui vous ont précédés. Si vous échouez à donner de la dignité aux Gabonais, si vous retombez dans les travers de l’enrichissement personnel, l’Histoire sera encore plus sévère avec vous, car vous aurez trahi l’espoir immense né du 30 août.

Mettez le peuple au cœur de chaque signature, de chaque projet, de chaque décision car’argent du Gabon doit rester au Gabon, pour le bonheur des Gabonais.

C’est la seule voie pour que les « maux de tête » du peuple se transforment enfin en larmes de joie et de soulagement.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.